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La Cité de la voile Eric Tabarly immerge le visiteur dans un bain numérique pédagogique, sensationnel et ludique

La Cité de la voile Eric Tabarly immerge le visiteur dans un bain numérique pédagogique, sensationnel et ludique

Equipement touristique sur le thème de la navigation et de la Course au large, la Cité de la Voile Eric Tabarly est gérée par la SELLOR pour le compte de Lorient Agglomération. Sept ans après son ouverture et plus de 550 000 visiteurs accueillis, les 2000 m2 d’exposition de la Cité de la voile Eric Tabarly basée sur le parvis du pôle course au large de Lorient ont été entièrement relookés en 2015 avec une place de choix donnée à des outils de médiation particulièrement soignés et innovants. « L’ancien parcours muséographique, explique Jean-Marc Beaumier Directeur de la Cité de la voile, datait de près de dix ans puisqu’il avait été imaginé trois ans avant l’ouverture du lieu. Il était donc devenu obsolète tant sur le plan technologique qu’en terme de contenu. Les innovations dans le domaine de la course au large ont été tellement rapides depuis dix ans qu’il était nécessaire de montrer toutes ces évolutions en nous appuyant sur des technologies de médiation dernier cri. Nous avions aussi comme objectif de nous adresser à toute la famille en privilégiant la pédagogie et le jeu ».
La Cité de la Voile Eric Tabarly a donc mis de côté les sujets historiographiques sur l’origine de la voile pour se concentrer sur la course au large grâce à une grande diversité de dispositifs pédagogiques et ludiques traitant de la météorologie, de la construction des bateaux ou des manœuvres.

C’est le scénographe Arnaud Sompairac qui s’est attelé à la tâche avec Jon Moreno comme chargé de projet. La gageure était de taille, car une fois la nouvelle scénographie dessinée la vingtaine de prestataires différents nécessaires au démontage et remontage du nouvel espace d’exposition (90 % de la surface de la Cité de la Voile) avait que six mois pour réaliser l’ouvrage. Toute la disposition intérieure a été transformée afin que le visiteur se sente immergé durant 1h30 à 2h dans l’univers de la course au large. Cela commence par la projection sur un triptyque d’écrans géants (six projecteurs HD Digital Projection synchronisés) montrant sept minutes d’images d’ambiance à bord du trimaran d’Alain Gautier, le skipper lorientais vainqueur du Vendée Globe 1992. Une immersion totale à 25 nœuds avec juste le bruit des vagues et du vent qui cingle entre Lorient et l’île de Groix…
Une fois cette plongée dans le grand bain passée, le visiteur accède à l’espace d’exposition principal et découvre des éléments de bateaux de courses qui s’imposent telles des œuvres d’art. C’est là aussi que sont postés les premiers points d’informations multimédia sur dalles “multitouch” montrant des reportages vidéo sur la construction des bolides des mers et des programmes interactifs sur la physique des fluides. Un peu plus loin, le visiteur découvre aussi des applications interactives lui expliquant les grands principes de la météorologie marine et de la navigation. La réalisation de ces programmes interactifs a été coordonnée par Jean-Marie Verdi (Mediapolis) qui a été particulièrement inspiré pour nous faire comprendre des phénomènes souvent complexes à appréhender. « Sur ces bornes pédagogiques, souligne Jean-Marc Beaumier, nous avons collaboré très étroitement avec les développeurs et graphistes, afin de leur apporter tout le contenu nécessaire à une bonne compréhension».

Un peu plus loin encore c’est l’univers sonore qui devient immersif avec une scénographie basée sur la parole des navigateurs célèbres mise en valeur par un dispositif en damier au sol qui déclenche automatiquement des témoignages sonores de marins diffusés sous cloches individuelles (Sound Tube Entertainment). De même, dans cette partie du musée, se situe l’espace de 150 m2 totalement dédié à Eric Tabarly avec des maquettes de ses bateaux et de courtes vidéos d’archives qui donnent un aperçu de ce grand marin pionnier dans bien des domaines et au caractère bien trempé.

Une fois cette partie traversée le visiteur déambule au sein d’une série de dispositifs scénographiques ludiques, à commencer par un jeu de simulation 3D multijoueurs réalisé par Virtual Regata. Cette société n’en est pas à un coup d’essai concernant les courses virtuelles, puisqu’elle réalise la version virtuelle de la majorité des grandes courses au large. Certaines courses virtuelles comme le Vendée Globe remportent un succès d’audience avec plus de 100 000 participants. Pour autant à la Cité de la Voile, Virtual Regatta a dû développer der nouvelles applications pour transposer in situ son simulateur virtuel prévu pour le web. La course se déroule ici dans la rade de Lorient et chaque voilier est actionné à l’aide d’une mini-dalle tactile qui sert d’outils de navigation, tandis qu’un grand écran permet aux 6 joueurs de voir simultanément leur position sur le plan d’eau… virtuel. Ainsi, chacun peut se mesurer en famille ou entre amis sur un simulateur 3D très réussi en terme de facilité d’utilisation.

Motivé par ce simulateur 3D à se prendre pour un vrai marin, le visiteur de la Cité de la voile peut ensuite s’exercer aux manoeuvres de base avec une série de simulateurs équipés de retours de force (barre, winch, safran…) qui pour certaines (pas toutes) permettent réellement de ressentir la difficulté des manœuvres. “Last but not least” des attractions ludiques de cette Cité de la Voile relookée, le cinéma 4D dynamique a eu droit un nouveau film en images de synthèse de 5 minutes développé par la société bordelaise AXYZ images qui bénéficie d’une longue expérience dans le domaine des productions audiovisuelles muséographiques. “Ce fut un long processus d’échange avec le réalisateur d’Axyz, explique Jean-Marc Beaumier, car nous voulions une 3D relief suffisamment réaliste concernant la vie à bord d’un bateau de courses, un scenario couvrant la variété des situations en mer et une histoire cohérente (NDLR : le démâtage à la toute fin du film n’est de ce fait pas tout à fait réaliste, mais il a le mérite de faire vivre au spectateur une épreuve spectaculaire arrivant malheureusement régulièrement lors d’une course à la voile)”.  La question s’est aussi posée de savoir si les mouvements dynamiques devaient être synchronisés avec des sièges individuels ou collectifs. Et, là encore Jean-Marc Beaumier et son équipe ont tranché en faveur d’un compromis entre le pouvoir immersif suffisant des mouvements dynamiques collectifs et une immersion dans l’histoire grâce à d’autres artifices comme des jets d’air et d’eau dans le visage des visiteurs simulant les embruns lors des tempêtes.

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About The Author

Marc Bourhis

IstoryLab est un site de partage d’informations que je suis amené à récolter dans le cadre de mon activité consacrée à l’innovation numérique dans les domaines de la préservation et de la valorisation des patrimoines, de la médiation culturelle sur le web ou sous forme d’applications mobiles, in situ dans les musées ou les lieux touristiques … Ces informations vous permettrons, je l’espère, de décrypter les nouveaux scénarii d’usage des innovations numériques.

2 Comments

  1. Bonjour,

    Merci beaucoup pour cet article sur la Cité de la Voile.
    Savez-vous qui a été en charge du programme muséographique et fonctionnel de cette nouvelle version de la Cité?

    Merci.

    Enna

    Réponse
    • Marc Bourhis

      Bonjour Enna,

      La scénographie a été pris en charge par le cabinet Arnaud Sompairac (http://www.sompairac-architectes.com/) avec Jon Moreno comme chargé de projet. Et, la partie bornes interactives réalisées par Jean-Marie Verdi (Mediapolis).

      A vous lire

      Marc

      Réponse

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