Les archives publiques invitées à faciliter la recherche et le partage sur le web et in situ

Deux rapports sur les publics des archives publiques en France viennent de paraître. Ils ont été pilotés par le Service interministériel des archives de France en collaboration avec le Département de la politique des publics de la Direction générale des patrimoines et clôturent les grandes enquêtes menées en 2013 et 2014 dans une centaine de services publics d’archives, auprès des lecteurs, des internautes et du public des archives.

Etude_des_publics_des_activites_culturelles – Archives de France 2015

Le premier rapport intitulé « Qui sont les publics des archives » et produit par le Service interministériel des archives de France décrit le contraste des différents profils des publics, avec leurs attentes, notamment dans le domaine numérique ; il souligne les particularités du public des archives – plus populaire et aux pratiques plus intensives – par rapport aux publics des autres patrimoines.
Cette étude fait ressortir les trois profiles bien différentiés d’utilisateurs des archives en France : d’une part les visiteurs des services archives qui viennent consulter sur place, les utilisateurs dans un cadre culturel ou scolaire et enfin les internautes. Le rapport montre clairement que le rapport entre ces publics a beaucoup évolué ces dernières années.
Dans les archives départementales, on compte aujourd’hui 1 inscrit en salle pour 7 participants aux activités culturelles ou scolaires et 100 visiteurs uniques (en 2013) sur les sites web des archives en ligne. Le rapport explique également que le public des salles de consultation à changé avec un public universitaire qui s’est effondré au profit des consultations internet, tandis que le public de la généalogie a migré massivement vers le web. Les recherches in situ pour des raisons professionnelles, notamment juridiques ou administratives ont nettement augmenté en revanche.
Par ailleurs, un public curieux des archives émerge ces dernières années, puisqu’un lecteur et un internaute sur dix consulte les archives uniquement pour se cultiver sans but précis. In situ, le public est satisfait de l’accueil, mais émet des critiques sévères sur les outils de recherche complexes à manipuler qui ne mettent pas en exergue la richesse des fonds d’archives. Le rapport, s’il met en avant l’intérêt du public pour le partage des archives sur les réseaux sociaux, en particulier parmi le jeune public, met aussi en évidence la très faible porosité entre le public traditionnel de la recherche (y compris à la Bnf) et le public simplement curieux qui visite les archives in situ ou les sites web d’archives dans un but culturel. Il y a donc là un défi pour les institutions archivistique à adresser ce nouveau public sensibilisé au patrimoine. Dans la même veine, le rapport constate que le public qui consulte les archives par internet n’est pas tant intéressé par la généalogie et les expositions virtuelles en ligne que par le fait de disposer d’outils simples et efficaces pour recherche des documents d’archives numérisés dans des bases de données et de pouvoir les extraire et les exploiter simplement dans un autre cadre que la visualisation en ligne.

Étude des publics des activités culturelles dans le réseau des archives départementales et municipales en France métropolitaine 2014

Le second rapport, intitulé « Etude des publics des activités culturelles dans le réseau des archives départementales et municipales » et produit par la société Lordculture, décrit l’image que les archives renvoient auprès de ce public ; il présente ses motivations et ses attentes concernant les différentes activités proposées (expositions, cours, lecture d’archives…), tout en identifiant les obstacles qui freinent une participation plus large et assidue.
Ce second rapport fait le constat suivant : « … si les publics identifient bien les missions de conservation et de mise à disposition des archives pour les historiens et les chercheurs, beaucoup reconnaissent que les archives sont encore considérées comme des lieux fermés, inaccessibles, poussiéreux et réservés à des spécialistes. Seules les personnes qui fréquentent régulièrement les lieux sont conscientes de la modernisation récente des services d’archives, à travers la numérisation des sources, la mise à disposition des documents via Internet, la rénovation et l’agrandissement des espaces et la multiplication des propositions pédagogiques et culturelles. Il s’agit donc de rendre visible cette dynamique et d’encourager un plus large public à franchir la porte des services ».

Il énonce aussi plusieurs recommandations parmi lesquelles celle de positionner les archives comme des lieux ouverts et accessibles à tous (en communiquant plus largement sur la gratuité des activités et le libre accès), de cultiver l’ancrage local et la construction d’une histoire commune (en organisant des événements spéciaux), de renforcer les passerelles avec le monde de l’enseignement (en proposant des activités régulières de découverte des archives vers les universitaires et des ateliers à destination des scolaires) et enfin d’améliorer les conditions d’accueil des publics et des activités (en accentuant les efforts de diffusion de leur programmation via une large diversité de médias et en multipliant les actions impliquant les acteurs culturels et touristiques locaux) .

http://www.archivesdefrance.culture.gouv.fr/actus/quoi-de-neuf

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Marc Bourhis
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IstoryLab est un site de partage d'informations que je suis amené à récolter dans le cadre de mon activité consacrée à l'innovation numérique dans les domaines de la préservation et de la valorisation des patrimoines, de la médiation culturelle sur le web ou sous forme d'applications mobiles, in situ dans les musées ou les lieux touristiques ... Ces informations vous permettrons, je l'espère, de décrypter les nouveaux scénarii d'usage des innovations numériques.

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