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L’historial Jeanne d’Arc à la pointe du mapping vidéo

L’historial Jeanne d’Arc à la pointe du mapping vidéo

L’historial de Jeanne d’Arc de Rouen fait peau neuve en 2015 en pariant sur les technologies de projection vidéo les plus pointues au service de ce personnage illustre du moyen-âge et de sa légende. Un pari réussi avec une scénographie particulièrement spectaculaire tout au long de la vaste surface d’exposition de près de 1000 m² au cœur des sous-sol de l’archevêché, dont chaque pièce propose au visiteur de s’immerger durant plus d’une heure au cœur du XVème siècle via une enquête judiciaire passionnante.

historialLa refonte de l’historial de Jeanne d’arc de Rouen s’est déroulé sous la houlette de la scénographe Clémence Farrell qui a profité de ce beau projet pour faire une utilisation très poussée et raffinée des technologies de projection multi-écrans les plus pointues. « Mon idée, explique-t’elle, était de rechercher tout au long de l’historial des liens forts avec le sujet en termes de contenus et d’usage des technologies de projection, afin d’immerger le visiteur dans une époque, le moyen-âge et un destin, celui de Jeanne d’Arc, qui nous semble lointains aujourd’hui, mais qui était pourtant d’une grande modernité par certains aspects et ainsi renouveler la vision de sa vie et de la mythologie qui l’entoure ».

La scénographie de l’historial se divise en deux parties bien distincts tirant profit au mieux de la configuration du lieu. L’essentiel de la visite est organisé autour du récit de la vie de Jeanne d’arc en s’appuyant sur la projection de séquences vidéo sur des éléments d’architecture de l’édifice, tandis qu’une seconde partie didactique offre une configuration plus classique afin de parler de la mythologie qui entoure ce personnage historique depuis sa mort. « Dés le début du projet, indique Clémence Farrell, nous avons proposé d’épurer le décor, afin que les salles de l’archevêché de Rouen puissent apparaître aussi belles allumées par la lumière des projecteurs qu’éteintes. Il était important pour moi, ajoute la scénographe, que les matériaux du décor soient nobles et n’entrent pas en conflit avec la beauté pure de l’architecture du lieu. Ainsi, l’histoire ne devait se révéler que par la présence des projections audiovisuelles ». C’est pourquoi un nombre impressionnant de systèmes de projection watchout ont été utilisés tout au long du parcours (voir fiche technique au bas de cet article).
GenealogieL’autre originalité de la scénographie conçue par Clémence Farell a été d’utiliser un fil conducteur narratif au travers de la mise en scène du procès en réhabilitation de Jeanne d’Arc qui a réellement eu lieu en 1456 et s’est conclu par l’innocence de Jeanne et son entière réhabilitation. Après une recherche historique poussée autour du script, la scénographe s’est adjoints les services d’une société de production de documentaires audiovisuels de création, les films d’ici, afin de donner aux séquences vidéo HD diffusées sur des éléments du décor une « patine » digne des meilleures intrigues policières actuelles à la télévision. Le réalisateur Olivier Brunet, originaire de Rouen, a mis en place des dialogues et un tournage en studio sobre et soigné autour d’une vingtaine de comédiens professionnels dont une bonne partie étaient originaires de la ville. Durant cette visite « guidée » par le fil rouge des témoignages du procès qui dure près d’une heure, chaque témoin dialogue avec un narrateur, Juvénal des Ursins, ecclésiastique et juriste qui fût en 1456 le maître d’œuvre du procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc.

Crypte2Ce film prototype ne s’est pas fait sans de nombreux ajustements in situ, car, comme l’explique Clémence Farrelle : « Le planning était particulier serré au vu d’une production audiovisuelle aussi lourde (à peine six mois) et des difficultés se sont faites jour comme le fait qu’il n’était pas possible de finaliser le montage du film en salle de montage, les images étant dispatchés sur place au sein de nombreux écrans. Il fallait que l’espace fasse partie du montage ». Olivier Brunet, le réalisateur s’est donc rendu durant plusieurs jours dans l’archevêché encore en chantier avec sa monteuse et un technicien watchout de la société Videmus, pour finaliser le montage et les apparitions des images dans les différentes fenêtres de projection.

Enfin, concernant la partie plus pédagogique de l’historial, les pilotes de cette muséographie ont été particulièrement inventifs en termes de contenus et de technologies utilisés, en réalisant notamment de petits théâtres optiques autour des témoignages d’historiens spécialistes de Jeanne d’arc, qui leur donne une présence quasi-réelle au sein de l’exposition.


 

La fiche signalétique de l’historial JD de Rouen

  • Le budget de l’ensemble de la refonte de la scénographie de l’historial, mobiliers, matériels audiovisuels et contenus numériques compris est d’environ 2 millions d’euros.
  • Le programme muséographique a été rédigé par l’agence CMC et formalisé par l’équipe scénographique de l’Agence Clémence Farrell. Pour réaliser ce parcours scénographique original, Clémence Farrell, designer et scénographe, s’est associé à ANAMNESIA pour les études sur les dispositifs multimédias, Patrick Hoarau pour le graphisme, Valerie Massignon – XY Zèbre pour les recherches iconographiques et audiovisuelles, négociations des droits, et Les Films D’ici pour la réalisation des films.
  • La société Auvisys a eu en charge l’installation des équipements audiovisuels
  • Videmus s’est chargé du calage des projecteurs et de l’assistance à la réalisation
  • 20 systèmes watchpax 2 de Dataton ont été installés tout au long du parcours de l’historial. Ces systèmes ont l’avantage d’être particulièrement compactes et discrets dans un lieu historique comme celui-là tout en ayant la capacité de distribuer 2 flux d’une résolution Full HD.
  • La « crypte gothique », clou du spectacle audiovisuel sur le plan scénographique, comprend quant à elle 5 serveurs PRO Quad alimentant 3 écrans Full HD verticaux ainsi que 15 projecteurs 1024×768 pour un mapping couvrant toute la salle
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About The Author

Marc Bourhis

IstoryLab est un site de partage d'informations que je suis amené à récolter dans le cadre de mon activité consacrée à l'innovation numérique dans les domaines de la préservation et de la valorisation des patrimoines, de la médiation culturelle sur le web ou sous forme d'applications mobiles, in situ dans les musées ou les lieux touristiques ... Ces informations vous permettrons, je l'espère, de décrypter les nouveaux scénarii d'usage des innovations numériques.

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