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La restitution en couleur de la série documentaire “Apocalypse, la 1ère guerre mondiale”

La restitution en couleur de la série documentaire “Apocalypse, la 1ère guerre mondiale”


François Montpellier est Le spécialiste de la colorisation et directeur d’ImaginColor, entreprise française opérant la mise en couleur d’images d’archives pour le cinéma et la télévision. Il a conçu la colorisation des images d’une série de 5 documentaires de 52 minutes baptisée Apocalypse sur le thème de la 1ère Guerre Mondiale et diffusée en mars 2014 sur France2, après avoir traité de la même manière et avec un succès public aussi retentissant la seconde Guerre mondiale quelques années plus tôt, toujours en compagnie du même tandem de réalisateurs Daniel Costelle et Isabelle Clarke. Ces séries documentaires ont remporté un succès d’audience sans précédent avec pour les deux premiers volets de la série, « Apocalypse. La deuxième guerre mondiale » (6,5 millions de téléspectateurs pour chacun des six épisodes en 2009) et « Apocalypse. Hitler » (6,1 millions de téléspectateurs en 2011), tandis que la “Apocalypse, la 1ère Guerre mondiale” a flirté avec les 6 millions de spectateurs.
Des scènes de guerre de la 1ère Guerre mondiale il restait quelques centaines d’heures d’archives audiovisuelles conservées sur pellicule dans différents dépôts et cinémathèques à travers le monde (notamment l’Imperial War Museum de Londres, la Bundesarchiv de Berlin ou l’Etablissement de communication et de production de la défense – ECPAD). A partir de ces archives filmées par des professionnels et des amateurs Daniel Costelle et Isabelle Clarke ont construit un récit suivant parfaitement les codes du cinéma documentaire.

Un procédé de colorisation inédit basé sur les textures

La colorisation intervient juste après la procédure de postproduction des imagres. François Montpellier commence par conformer les images d’archives, puis les restaure, les stabilise et recadre si besoin. “Ce n’est qu’après avoir fait un étalonnage noir et blanc qu’intervient la colorisation, explique-t-il, l’idée étant évidemment de ne traiter que les images nécessaires. En revanche, les ralentis sont réalisés après, ainsi que les effets d’étalonnage couleur”.

Apocalypse_NB

Autochrome N&B d’origine

Apocalypse_colorise

Images avec textures couleurs

Apocalypse_colorise_texture

Image finale colorisée

Contrairement aux colorisations classiques qui procèdent par aplats de couleur et qui donnent des rendus souvent artificiels et peu réalistes, François Montpellier a développé un procédé inédit qui permet d’appliquer des textures “naturelles” pour obtenir toutes les nuances de couleur que l’on retrouve dans les matières, comme le bois ou les métaux, les vêtements ou les éléments des paysages.
François Montpellier et son équipe réalise tout d’abord un détourage des objets à coloriser, qui consiste à délimiter les zones à passer en couleur, sachant que ces zones sont généralement en mouvement et qu’il faut les suivre dans l’image via une rotoscopie. “Il y a eu plus de 200 000 objets détourés sur Apocalypse, souligne François Montpellier. Chaque zone peut alors recevoir la couleur que nous lui avons attribuée. Mais plutôt que de plaquer directement une couleur, il est préférable de repartir de la texture même d’un objet, à savoir une pelouse existante, filmée en couleur dans les mêmes conditions de lumière, de saison et de temps (voir série d’images d’illustration de cet article)”. Rien que pour cette opération, j’ai constitué une banque de données de plus de 5 000 textures”.
ImaginColor a également mené des études sur le vieillissement de la couleur de nombreuses pellicules et à différentes époques, afin de reproduire plus fidèlement les altérations du temps sur la couleur. François Montpellier et son équipe ont pour ce faire mis au point des algorithmes permettant de vieillir les textures, afin de retrouver le grain du Kodachrome de l’époque. Cette méthode impose aussi de rechercher un grand nombre d’images de l’époque pour se créer un fonds de référence. Et, ImaginColor dispose au fil des séries documentaires qu’il traite d’une véritable banque de données de plusieurs dizaines milliers de textures de toutes sortes (environ 25 000 images de références de l’époque). Le spectateur peut ainsi situer les images dans le temps. Car la mise en couleur ne cherche pas à créer l’illusion d’une image tournée au présent. Un travail a également été réalisé pour retrouver les sons d’époque comme le bruit des chenilles des tanks, celui de moteur des camions ou le souffle des locomotives à vapeur.
Making of de la série sur le site de France 2
La page Wikipedia sur la série

Cet article est issu d’une présentation réalisée par François Montpellier le 20 mai 2014 à Gennevilliers à l’occasion d’une journée consacrée aux archives organisée par la société CTM Solutions Media 360

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Marc Bourhis

IstoryLab est un site de partage d’informations que je suis amené à récolter dans le cadre de mon activité consacrée à l’innovation numérique dans les domaines de la préservation et de la valorisation des patrimoines, de la médiation culturelle sur le web ou sous forme d’applications mobiles, in situ dans les musées ou les lieux touristiques … Ces informations vous permettrons, je l’espère, de décrypter les nouveaux scénarii d’usage des innovations numériques.

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