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Règles de base en matière de restauration numérique des films

Règles de base en matière de restauration numérique des films

Vous trouverez dans ce tutoriel, un extrait du dossier complet vendu sur ce site web consacré aux outils et méthodes pour restaurer de manière numérique un film de cinéma ainsi que des vidéos sur bandes magnétiques.

Cleaner les droits et inventorier les éléments sources

La restauration numérique d’un film de cinéma est souvent une aventure d’une ou deux années, dont la première étape, incontournable, sera le « cleanage » des droits effectué auprès de l’ensemble des auteurs et producteurs du film. En parallèle du « cleanage » des droits, l’artisan d’une restauration cinéma devra réunir et contrôler, avec l’aide de son futur prestataire technique, l’ensemble des éléments argentiques et numériques utiles. A ce stade, tout est bon à prendre, même si l’idéal est de disposer à la base du négatif monté ayant servi à la fabrication d’inter-positifs ou inter-négatifs ou à réaliser directement les copies de série en 35 mm. Le négatif monté, en 16 ou 35 mm, est le plus souvent l’élément le mieux conservé au fil du temps. Il est impératif de repartir du master argentique pour effectuer une restauration d’un film tourné en 35 mm dans la mesure où les technologies numériques n’ont atteint un degré de maturité suffisant qu’au tournant des années 2000.

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Telecinéma ou Scan et visionnage en basse définition

Au stade de l’inventaire des éléments source, les laboratoires qui examinent l’état la pellicule réalisent un passage express dans un Télécinéma pour vérifier l’état du master argentique et visualiser les bobines sur une table de montage traditionnelle. L’objectif du laboratoire est à cette étape d’identifier les « retraits » plus ou moins importants du film, les perforations endommagées, les collures peu résistantes lors des changements de plans, prêtes à céder lors du passage dans le scanner, les rayures profondes, les moisissures… autant d’outrages du temps qui nécessiteront une première étape de réparation mécanique directement sur le master argentique.

scanstation

Le « scan » de la pellicule

Etape essentielle dans une restauration de film ancien, la scannérisation de la pellicule permet de passer d’un support physique à un fichier numérique qui pourra être ensuite retravailler de manière plus poussée grâce à la souplesse et la productivité des logiciels de retouche d’images. Aujourd’hui, les quelques fabricants de scanners qui ont survécu à la disparition de la filière photochimique, conçoivent des scanners dédiés au travail de restauration parfaitement en mesure de traiter une grande variété de formats d’images argentiques utilisés au fil de l’histoire du cinéma. Les technologies de numérisation intégrées dans les scanners les plus récents permettent a minima une double passe du capteur CCD sur la pellicule et par là même d’atteindre des niveaux de luminance du type HDR (High Dynamic Range). Le HDR permet une grande latitude dans le travail d’étalonnage par la suite et de limiter les effets du bruit numérique (fourmillement sur les aplats fixes d’une image). Dans le cas des films plus anciens sur lesquels de longues rayures persistent même après une réparation manuelle ou un bain chimique, il est possible d’utiliser une technologie de scanners plus sophistiquée que seuls quelques laboratoires possèdent, baptisée « scanner par immersion ». Avec le scanner par immersion, le film baigne dans un liquide qui comble les rayures de la pellicule tandis que les images sont numérisées. Ainsi, on obtient un résultat tout à fait probant sur des films très abimés (rayures et champignons) qui aurait été difficilement, voire impossibles à atteindre via la retouche numérique.

DIAMANT-Film GUI

La restauration numérique proprement dite

La restauration numérique proprement dite repose sur des outils spécialisés qui permettent d’éliminer de manière semi-automatique ou manuelle sur une séquence ou une série de séquences les défauts liés aux procédés photochimiques. Le « flicker » est généralement l’un des tout premiers défauts corrigé par ces outils. Le « flicker » se manifeste par des fluctuations de la luminance et de la chrominance constantes dûes aux variations lumineuses aléatoires des procédés photochimiques. A ce titre, il nécessite une correction numérique quasi-systématique sur tous les films tournés en pellicule. Idem, pour la stabilité des images que l’on recouvre aisément à l’aide des logiciels de retouche numérique. De même pour les rayures (anti-scratches), les poussières (anti-dust), les salissures (anti-dirts) et le grain (à enlever). Chacun de ces outils propose des procédés de retouche automatique sur plusieurs séquences successives ou tout un film, chacun d’eux permet aussi de réaliser des retouches manuelles, car un usage abusif de procédés automatiques pourrait causer la disparition d’éléments visuels d’un film comme des flocons de neige ou des gouttes de pluie, dénaturant l’œuvre d’origine.

La restauration de la bande son

Le scan de la pellicule permet aussi de lire la piste sonore optique tout au long du film et de la traduire en numérique. L’important là aussi, tout comme pour l’image est de disposer du maximum d’éléments, au-delà du report magnéto-optique longitudinal. Bon an mal an, il faut 2 à 3 jours pour remixer un long métrage dont les éléments d’origine en parfait état, tandis qu’il faut compter une à deux semaines quand il s’agit de resyncrhoniser entièrement une bande Son. Le son est retravaillé généralement dans un petit auditorium par un ingénieur du son spécialisé. Les parasites y sont enlevés, les fréquences filtrées pour retrouver le timbre des voix d’origine. Les dialogues et les phrases musicales qui ont souvent été désynchronisées avec le temps y sont également recalés. L’ingénieur du son utilise le plus souvent des plugins spécifiques qui fonctionnent sur la base de la suite logicielle Pro Tools éditée par Avid.

RestaurationSon

Diffuser et conserver en numérique le film restauré

Désormais, vous êtes en présence d’un film entièrement restauré sur le plan numérique comme visuel et sonore, prêt à être diffusé en numérique dans les salles de cinéma sous la forme d’un DCP (Digital Cinema Package). Les avantages d’une copie DCP ne sont plus à rappeler : multiples versions audio et sous-titrées, protection des données, coûts de fabrication et des copies de série réduits, facilité lors de l’envoi via disque dur ou réseaux IP. Toutefois, un DCP est un fichier d’exploitation du film qui ne doit durer que le temps de la nouvelle vie de cette œuvre en salles. On ne peut considérer le DCP comme un master numérique de conservation du film, car il comporte une compression forte qui dégrade légèrement la qualité originale et ainsi se coupe d’une future exploitation cinéma suivant de futurs standards de qualité en constante augmentation. La conservation sur un support de stockage numérique, quel qu’il soit, impose également de conserver actifs les systèmes de stockage sur lesquels les fichiers sont placés ainsi que les bases de données ayant servi à classer et indexer les fichiers liés à une œuvre. Ces exigences du stockage numérique posent des problèmes de tous ordres, aussi bien économiques (moyens matériels et humains à mobiliser au fil du temps dans les cinémathèques) que techniques (duplication régulière après quelques années du film source d’un support numérique à l’autre). Le numérique n’étant pas un support fiable et immuable, il nécessite impérativement la mise en place par l’ayant droit d’une politique de conservation active.[:en]You will find in this tutorial, an excerpt of the complete report sold on this web site dedicated to tools and methods to digitally restore a movie and videos on tape.

Cleaner rights and inventory the elements sources

The digital movie film restoration is often an adventure of one or two years, the first step must, will be the “cleanage ‘rights conducted with all the writers and producers of the film. Alongside the “cleanage” of rights, the craftsman of cinema will bring restoration and control with the help of his future technical service, all relevant analogue and digital elements. At this stage, everything is good to take, even if the ideal is to have the basis of the negative mounted used in the manufacture of inter-negative or inter-positive or directly perform the series of 35mm prints. The negative mounted, 16 or 35 mm, is most often the element best preserved over time. It is imperative to start the film master to perform a restore of a film shot on 35mm since digital technologies have reached a sufficient degree of maturity at the turn of the 2000s.

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Scan or telecine and viewing in low definition

At the stage of the inventory of source elements, laboratories that examine the state realize the film express passage in a telecine to check the status of master silver and view the reels on a traditional timeline. The aim of the laboratory is at this stage to identify the “withdrawals” more or less important film, damaged perforations, splices little resistance when changing planes, ready to sell during passage through the scanner, deep scratches , mold … so many ravages of time that will require a first mechanical repair step directly on the silver master.

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The “scan” of the film

Essential step in an old film restoration, scanning the film to switch from physical to a digital file that can then be reworked so further thanks to the flexibility and productivity of image editing software. Today, some scanner manufacturers that survived the disappearance of the photochemical industry, designing scanners dedicated to the restoration work perfectly able to handle a wide variety of silver images formats used throughout history cinema. The scanning technology built into the latest scanners allow minimally a double pass of the CCD on the film and thereby achieve HDR type luminance levels (High Dynamic Range). The HDR allows great latitude in the calibration work later and limit the effects of digital noise (tingling on fixed solids of an image). In the case of older films on which many stripes persist even after a manual repair or a chemical bath, it is possible to use a more sophisticated scanners technology that only a few laboratories have, called “immersion scanner.” With the immersion scanner, the film is immersed in a liquid that fills the scratches of the film while the images are scanned. Thus, we get a result quite convincing on film very damaged (scratches and fungi) that would have been difficult or impossible to reach via the digital retouching.

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The actual digital restoration

The actual digital restoration based on specialized tools that eliminate semi-automatically or manually on a sequence or series of faults related to photochemical processes sequences. The “flicker” is usually one of the first flaws corrected by these tools. The “flicker” is manifested by changes in luminance and chrominance constant due to random variations in brightness photochemical processes. As such, it requires almost systematic digital correction on all films made in film. Same thing for the stability of images that are covered easily with digital editing software. Similarly for the stripes (anti-scratches), dust (anti-dust), dirt (anti-dirts) and grain (to remove). Each tool offers automatic editing processes over several successive sequences or a movie, each one also allows for manual retouching as misuse of automated processes could cause the disappearance of visual elements of a movie like snowflakes or raindrops, distorting the original work.

The restoration of the soundtrack

The scan of the film can also play the optical soundtrack throughout the film and translate it into digital. What is important here too, just as the image is to have the maximum of elements, beyond the longitudinal magneto-optical transfer. Year after year, we need 2-3 days to remix a feature film whose original elements in perfect condition, while it takes a week or two when it comes to fully resyncrhoniser band Son. The sound is generally reworked in a small auditorium by an engineer specialized sound. The parasites are removed there, the filtered frequencies to find the tone of the original voice. The dialogues and musical phrases that were often out of sync with the times there are also recalibrated. The sound engineer most often uses specific plugins that operate on the basis of the software suite published by Avid Pro Tools.

Disseminate and preserve digitally restored movie

Now you’re in the presence of a fully restored movie numerically as visual and sound, ready to be broadcast in digital cinemas as a DCP (Digital Cinema Package). The advantages of a copy DCP are no longer remember: multiple audio versions and subtitles, data protection, manufacturing costs and reduced set of copies, ease when sending via HDD or IP networks. However, a DCP is an exploitation movie file, which must last a time of new life to this work in theaters. We can consider the DCP as a conservation digital master of the film, because it has a high compression slightly degrades the original quality and thus cut of future operating theater following future quality standards constantly increasing. Conservation on a digital storage medium, whatever it is also necessary to keep active storage systems on which the files are placed and the databases used to categorize and index the files related to a work. These digital storage requirements pose problems of all kinds, both economic (material and human resources to be mobilized over time in the film archives) and technical (regular duplication after some years of film source of a digital medium to another ). Digital is not a reliable and steadfast support, it imperatively requires the implementation by the beneficiary of an active conservation policy.

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About The Author

Marc Bourhis

IstoryLab est un site de partage d’informations que je suis amené à récolter dans le cadre de mon activité consacrée à l’innovation numérique dans les domaines de la préservation et de la valorisation des patrimoines, de la médiation culturelle sur le web ou sous forme d’applications mobiles, in situ dans les musées ou les lieux touristiques … Ces informations vous permettrons, je l’espère, de décrypter les nouveaux scénarii d’usage des innovations numériques.

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